Blaise Compaoré

Blaise Compaoré


Blaise Compaoré, né le 3 février 1951 à Ziniaré, ville au nord de Ouagadougou est un homme d'État burkinabé.
Il est arrivé au pouvoir le 15 octobre 1987 à la suite d'un coup d’État contre Thomas Sankara. Il est le fondateur de l'Organisation pour la Démocratie Populaire-Mouvement du travail (ODP-MT) qui fusionne avec douze autres partis politiques pour donner le 5 février 1996 le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), ancien parti au pouvoir. Élu président du Faso en 1991 à la suite d'un scrutin contesté et boycotté par l'opposition, il est réélu en 1998, 2005 et 2010. Le 31 octobre 2014, après 27 ans au pouvoir, il démissionne à la suite d'un soulèvement populaire.

Biographie



Après ses études militaires en Algérie, Blaise Compaoré, a pris le pouvoir le « Jeudi noir » 15 octobre 1987, lors d'un coup d'État sanglant au cours duquel Sankara, son prédécesseur à la tête de l'État, a été tué. Il engage alors une politique de « rectification de la Révolution », en réalité un retour à la normale des relations avec la Côte d'Ivoire et implicitement de la France, qui s'étaient précédemment envenimées.
Juste après son accession au pouvoir, il a éliminé deux chefs révolutionnaires Henri Zongo et Jean-Baptiste Boukary Lingani, accusés de comploter à l'encontre du régime. La responsabilité de Blaise Compaoré dans l'assassinat de Sankara a fait l'objet d'une plainte contre le Burkina Faso déposée par Mariam Sankara, la veuve de Thomas Sankara. En avril 2006, le Comité des droits de l'Homme des Nations unies a condamné le Burkina Faso pour refus d'enquêter sur les circonstances de la mort de Thomas Sankara.

Élections de 1991 et de 1998
Blaise Compaoré a été élu président de la République le 1er décembre 1991. Les principaux partis de l'opposition avaient boycotté cette élection pour protester contre sa prise de pouvoir illégale. Lors de cette élection, le taux de participation a été de 25 %, traduisant la très forte instabilité politique et la protestation dans la population. Il est réélu une première fois le 15 novembre 1998. Quelques jours après sa réélection, le célèbre journaliste Norbert Zongo est assassiné par des éléments de sa garde rapprochée.

 

Élection de 2005

Le palais de Kosyam, siège de la présidence depuis 2005.
En août 2005, Blaise Compaoré a annoncé son intention de participer à la prochaine élection présidentielle. Les hommes politiques de l'opposition ont déclaré son souhait de se représenter en 2005 comme anticonstitutionnel à cause d'un amendement constitutionnel passé en 2000, limitant un président à deux mandats et réduisant la longueur d'un mandat de sept à cinq années, empêchant ainsi Compaoré d'entreprendre un troisième mandat. Les partisans de Compaoré ont contesté ceci, arguant que l'amendement ne pouvait pas être appliqué rétroactivement. Malgré les objections de l'opposition, en octobre 2005, le conseil constitutionnel a jugé que Compaoré étant un président en exercice en 2000, l'amendement ne pouvait pas prendre effet avant la fin de son second mandat, l'autorisant ainsi à présenter sa candidature à l'élection de 2005. Le 13 novembre 2005, Compaoré est réélu face à 12 autres candidats en étant crédité de 80,35 % des votes. Compaoré a prêté serment pour un autre mandat présidentiel le 20 décembre 2005.

Élections de 2010
Le 25 novembre 2010, Blaise Compaoré est réélu dès le premier tour de scrutin à la tête du Burkina Faso, avec 80,15 % des suffrages exprimés, pour un dernier mandat.

Révolte de 2011 au Burkina Faso
La révolte burkinabè commence le 22 février 2011, à la suite de la mort d’un élève battu par les policiers de Koudougou au Burkina Faso. Les manifestations, demandant une enquête sur sa mort et réclamant la fin de l’impunité pour les violences policières, sont réprimées dans le sang en février, et s’amplifient en émeutes au mois de mars. En avril, de nombreuses mutineries éclatent dans les forces de l’ordre, armée et CRS. En mai, la contestation se maintient de façon diffuse.

Révolution de 2014 et démission du Président du Faso
Le 30 octobre 2014, Blaise Compaoré fait face à un soulèvement populaire contre son projet de modification de l'article 37 de la loi fondamentale limitant le nombre de mandats présidentiels, afin de se représenter en 2015. À la suite des émeutes, Blaise Compaoré quitte le pouvoir et le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida annonce la création d’un « organe de transition », chargé des pouvoirs exécutif et législatif, dont l’objectif est un retour à l’ordre constitutionnel « dans un délai de douze mois ». Exfiltré par les Français, Blaise Compaoré trouve refuge en Côte d'Ivoire le 31 octobre.

Rôles internationaux et régionaux
En 1993, le président Compaoré était à la tête de la délégation du Burkina Faso qui a participé à la première Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique.

 

À l’issue de la 6e conférence des chefs d’État de l’Autorité de Liptako-Gourma réunie à Gao (Mali) les 25 et 26 avril 2005, Blaise Compaoré, est reconduit comme président de cette organisation internationale.


Lors du sommet des chefs d'États à Ouagadougou les 1er et 2 juin 2005, Blaise Compaoré succède au président malien Amadou Toumani Touré comme président en exercice de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-Sad).

Compaoré a joué un rôle de médiateur dans des problèmes régionaux. Le 26 juillet 2006, il a été désigné comme le médiateur du Dialogue intertogolais, qui s'est tenu à Ouagadougou en août 2006 et qui a abouti sur un accord entre le gouvernement et les partis de l'opposition. Il est aussi intervenu comme médiateur dans la crise ivoirienne qui a opposé le président ivoirien Laurent Gbagbo et le chef des Forces nouvelles Guillaume Soro. Un accord de paix signé par les deux partis a été signé à Ouagadougou, le 4 mars 2007.

Récompenses et distinctions
Blaise Compaoré est récipiendaire de plusieurs distinctions, parmi lesquelles :
•    Docteur honoris causa de :
o    École des hautes études internationales
o    Université Sōka
o    Université Jean-Moulin Lyon-III
o    Université Ramkhamhaeng
•    Commandeur (2005)18 puis Grand-Croix (2012) de l'ordre international des Palmes académiques du Conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur19


Biographie express


Date de naissance :    3 février 1951 (63 ans)

Lieu de naissance :    Ouagadougou,

Nationalité :    burkinabé

Parti politique :    Congrès pour la démocratie et le progrès

Résidence :    Palais de Kosyam

 

Fonctions
3e président du Burkina Faso
(6e chef de l'État)

15 octobre 1987 – 31 octobre 2014
(27 ans, 0 mois et 16 jours)


Élection :    1er décembre 1991

Réélection :   

15 novembre 1998
13 novembre 2005
21 novembre 2010

Premier ministre :   

Youssouf Ouédraogo
Roch Marc Christian Kaboré
Kadré Désiré Ouédraogo
Paramanga Ernest Yonli
Tertius Zongo
Luc-Adolphe Tiao

 

Prédécesseur :    Thomas Sankara

Successeur :    Yacouba Isaac Zida (chef de l'État de transition)


Michel Kafando : Président de la transition